Changement constitutionnel au Togo : À quoi joue la CEDEAO ?

En cette mi-avril 2024, le Togo se trouve à un carrefour décisif de son histoire politique, marqué par une effervescence électorale et une tension palpable qui s’empare du paysage politique national. Depuis le 13 avril, les rues du Togo résonnent du fervent engagement des partis politiques, plongés dans le vif d’une campagne électorale qui s’annonce comme un tournant pour l’avenir du pays, suite à une récente transformation constitutionnelle majeure.

Cette mutation constitutionnelle, concrétisée le 25 mars par l’adoption d’une nouvelle Constitution par les députés en fin de mandat, vise à reconfigurer le système politique togolais, passant d’un régime semi-présidentiel à un régime parlementaire. Cependant, cette reformulation ne s’est pas faite sans heurts. Loin de là, elle a engendré un large spectre de contestations parmi les partis de l’opposition et les acteurs de la société civile, qui y voient une manœuvre susceptible de remettre en cause l’équilibre démocratique du Togo.

Dans ce contexte de turbulence politique, le calendrier électoral met en lumière des élections législatives et régionales prévues pour le 29 avril, point d’orgue de cette période de profonde reconfiguration institutionnelle.

Dans une tentative de désamorcer les tensions croissantes, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se positionne en médiateur, annonçant initialement l’envoi d’une mission exploratoire d’envergure dans le pays le lundi. Objectif : interagir avec les principales parties prenantes et sonder les profondeurs des derniers développements nationaux.

Or, le scénario prend une tournure inattendue dès le lendemain. Mardi, la CEDEAO, dans un revirement, rétrécit l’ampleur de son engagement, remplaçant la mission exploratoire par une simple mission d’information.

Ce nouveau communiqué de la CEDEAO laisse entendre qu’elle rectifie le tir : « La mission réalisera une évaluation préélectorale en accord avec les règlements communautaires et ne s’impliquera dans aucune autre démarche, contrairement à ce qui avait été annoncé dans le communiqué antérieur retiré. »

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