Les derniers développements du procès du général Félix Kadangha et de ses coaccusés

Le vendredi 27 octobre 2023, le procès du général Félix Kadangha a continué avec une série d’audiences. Le général Kadangha est confronté à deux graves accusations : complot contre la sûreté intérieure de l’État et entrave au bon fonctionnement de la justice. De plus, une infraction supplémentaire concerne les tracts qu’il a demandé au Colonel Ali Kodjo de créer et de distribuer aux troupes, tracts accusant les colonels Massina et Sogoyou d’être responsables de l’assassinat de Madjoulba. Selon le Parquet, ces tracts visaient à provoquer une agitation parmi les troupes et à déstabiliser les institutions de la République.

La défense du général Kadangha :

Le général Kadangha, bien qu’admettant avoir ordonné la fabrication et la diffusion de ces documents, a précisé que son intention n’était pas de déstabiliser les institutions, mais de répondre aux allégations de Massina et Sogoyou qui avaient répandu des informations accusant Kadangha d’être responsable de la mort de Madjoulba. Cette séance d’audition a été marquée par des questions et des réponses tendues entre le général et les avocats.

Les coaccusés :

Les commandants Atekpe et Boue ont comparu à la barre, accusés d’entraver le bon fonctionnement de la justice. Ils sont accusés d’avoir mis en place une commission d’enquête parallèle à celle officiellement établie par le chef de l’État. Les deux officiers ont plaidé leur cause en affirmant qu’ils agissaient dans le cadre d’une commission créée par décret présidentiel avant l’assassinat de Madjoulba. Cette commission, mise en place avant le drame, avait pour mission d’élucider diverses affaires, y compris les incidents au sein de l’armée. De plus, ils ont souligné que cette commission rendait directement compte au Chef d’État major général et au Chef d’État major particulier du Président, ce qui conférait à leur action une légalité incontestable. Des échanges tendus ont également eu lieu entre les avocats de la défense et les procureurs lors de cette phase du procès.

Un débat embarrassant pour le Parquet :

Un débat houleux a ensuite éclaté, mettant le Parquet dans une situation délicate. En effet, la commission spéciale a été mise en place trois jours après l’assassinat de Madjoulba. Pourtant, dès le 4 mai, le procureur de la République, qui est actuellement chargé de poursuivre les accusés, s’était déjà rendu sur les lieux du crime. Cependant, il a fallu attendre le 8 mai pour que la commission soit officiellement créée. Pendant ces quatre jours d’attente, plusieurs individus se sont rendus sur les lieux du crime, potentiellement altérant ou effaçant des preuves. Le code de procédure pénale est catégorique à ce sujet : en de telles circonstances, le Parquet est tenu de sécuriser le lieu du crime jusqu’à la conclusion des enquêtes. Les avocats de la défense ont soulevé la question de savoir comment un procureur qui n’a pas protégé les lieux d’un crime peut ensuite poursuivre d’autres personnes pour entrave au bon fonctionnement de la justice, soulevant ainsi la question de la cohérence dans le traitement de l’affaire.

Une pointe d’humour en fin d’audience :

Pour conclure cette séance d’audience, une touche d’humour a été apportée. Le chauffeur de Madjoulba, nommé Songuine, a témoigné à la barre et a énoncé des déclarations qui n’ont pas plu au général Kadangha. L’avocat de Songuine, Me Anani, a alors taquiné le général en lui demandant si son client ne pourrait pas devenir son chauffeur. La réponse du général, empreinte d’autorité, a déclenché des sourires dans la salle d’audience : « Lui, vilain comme ça, peut-il être le chauffeur de qui? »

La CEET interrompt la séance :

Juste après ce moment de légèreté, une interruption inattendue a eu lieu lorsque la CEET a interrompu la séance en coupant l’électricité, empêchant ainsi la poursuite de l’audience.

Rendez-vous est pris pour lundi pour la suite de ce procès.

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